« Utopie » / Revue de presse

 

 

1. Presse

 

« On savait déjà le talent, la sincérité, la ténacité à faire reconnaître sa compagnie théâtrale, à la faire accéder à la cour des plus grands, c’est ce qui est en passe d’arriver à ce jeune créateur chilien, Andrés Cifuentes, depuis ses inoubliables créations, de 4.48 Psychose en passant par la figure émouvante d’Hippolyte, il gravit pas à pas les marches qui le mèneront lui, sa compagnie, ses acteurs fétiches, vers les étoiles de la scène.

Peut-on parler d’étoiles quand il s’agit du théâtre belge ? Il semble que oui, que la belgitude se porte dorénavant au mieux et qu’elle n’a plus rien à envier aux anciens meneurs parisiens.

 

Utopie a bouleversé le public.

L’auteur a puisé dans différents textes de Müller, Thomas More, Platon, Sarah Kane ou encore Antonin Artaud, pour en composer un patchwork d’idées et de sentiments dans une scénographie aux couleurs multiples.

 

Certains spectateurs, à l’issue du spectacle, ne s’en remettaient que difficilement tant la sincérité de l’auteur est évidente et tant elle vous chavire.

 

Parfois l’action tend à se calmer et on respire, on se dit que tout va bien maintenant, que tout s’apaise et puis un nouveau coup de fouet nous atteint, tout repart, les cris recommencent, la révolte suit, les empoignades et les blessures reprennent de plus belle, l’accalmie n’a pas duré, comme dans la vie où rien n’est jamais joué.

 

Et tout se poursuit, entre pathos et maîtrise pendant l’heure et demie que dure le spectacle, les comédiens se donnent à fond dans cette quête d’espoir à travers scène.

 

On convoque de grandes figures, de Platon à Electre en passant par Ophélie et Hamlet, quand ce n’est Mao, Marx, Lénine ou Guevara, le tout bercé par des chansons de Leonard Cohen dont la voix envoûtante retentit souvent comme un leitmotiv émotionnel.

 

Il est question de jeu, de réel, d’espoir, des interrogations éternelles et sans réponse qui se déclinent ici sur un mode débridé parfois burlesque avec l’évocation de mondes possibles, d’espoirs toujours revenus, une véritable mise en abyme du théâtre, cette utopie magnifique toujours célébrée, toujours remise en cause et ici, jouée par la Compagnie Cifuentes à la manière d’un voyage déferlant imaginé par cet auteur fervent et ses comparses comédiens qui nous emmènent approcher le plus vrai du théâtre.

 

Un seul mot pour clore le trouble qui s’égrène tout au long du spectacle, celui de l’auteur : Cette vie, je l’aime.

Nous aussi nous l’aimons, ce théâtre-là. »

 

Anne-Michèle Hamesse, La Revue Générale / Le Non-Dit, septembre 2013

 

 

 

2. Appréciations du public : demandezleprogramme.be

 

« Toujours interpellantes, parfois dérangeantes, les pièces d'Andrés Cifuentes bousculent le spectateur dans sont confort quotidien, l'invitant malgré lui à se questionner sur son existence, sur le sens de sa vie et de ce qu'il en fait. C'est encore une fois le cas d'Utopie, pièce jouée avec talent et conviction ! Merci à la troupe et bonne continuation pour cette façon de créer le théâtre "autrement" !!! »

 

« Une chose est sûre, Cifuentes ne laisse pas indifférent que cela soit positif ou non et cela n'est pas étonnant puisqu'il aime prendre plaisir à bousculer le train-train et les habitudes engourdies de ses spectateurs. J'ai regardé la dernière représentation que j'ai adorée comme à mon habitude avec Cifuentes. Toujours aussi choquant, interrogatif. Il choque mais il pose de bonnes questions avec humour et c'est peut-être cela qui au fond dérange ? Pour ma part, je me demande si cela n'est pas une des meilleures pièces de Cifuentes que j'aie pu voir avec la question du fait de savoir si l'utopie peut devenir réalité et comment la définir avant tout ?

En tout cas, je dirai continuez comme ça car je ne me lasse pas de vous voir bousculer les conventions, ce qui me fait un immense bol d'air frais et nous change de tout ce conventionnisme que l'on voit à la TV, dans la vie, dans les autres pièces de théâtre réglées comme des horloges où on sait à l'avance à quoi s'attendre, et vous êtes bien le seul où quand j'arrive je me demande ce qui va m'arriver. Et cela fait tellement de bien dans cette époque où on n’aime plus ce qui dérange contrairement à d'autres comme les sixties. »

 

« Spectacle très contrasté, qui peut déranger par son audace... J'ai énormément apprécié. Bravo. »

 

« (…) C’est un spectacle très bien ficelé, le meilleur que j’aie vu depuis longtemps, pas du tout noir, au contraire ! Vous parlez de liberté, d’amour et de révolte. (…) »

 

« (…) Même si la salle était pleine on se sent depuis le début seul(e)s et visé(e)s par le regard des acteurs. Ici tout le monde en prend sur sa chique… la droite européenne autant que la gauche. (…) »

 

« Troublant... spectacle très inattendu et en dehors des sentiers battus. Complexe tout en étant très poétique... ça m'a fait penser à du Pasolini ! Bravo. »

 

« Pièce audacieuse, complexe, (…) pièce qui peut déranger, dérouter, c'est sûr ! des questions fondamentales sont posées sur le rêve, les dés-illusions, sur ce qui nous pousse à vivre et continuer la "bataille". Les comédiens sont tous épatants, les textes bien choisis/écrits. Très belle découverte ! à voir peut-être plusieurs fois pour comprendre la complexité du sujet infini de l'utopie... s'il peut seulement être compris !!! »

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