« L’ombilic des limbes » / Note d’intention

 

 

« La longue habitude des spectacles de distraction nous a fait oublier l’idée d’un théâtre grave, qui, basculant toutes nos représentations, nous insuffle le magnétisme ardent des images et agit finalement sur nous à l’instar d’une thérapeutique de l’âme dont le passage ne se laissera plus oublier. »

Antonin Artaud

 

 

A l’intérieur de notre « culture » Artaud et Ghelderode suscitent des questions auxquelles il semble aujourd’hui encore impossible de répondre. Ma démarche dans cette création est de réunir ces deux univers forts, évocateurs qui peuvent nous donner des clefs pour orienter et innerver notre vie.

 

Notre spectacle est d’abord l’union de la pièce de théâtre « Escurial » et des écrits d’Artaud. A travers un langage qui sollicite la symbolique, l’iconographie, je tente de créer un accès vers un univers trouble, que nous explorons via des atmosphères et des séquences où les personnages inspirés d’Artaud déroutent la narration linéaire de la pièce « Escurial ».

 

La jalousie, la mort, la relation pouvoir-folie hantent la pièce du début à la fin. Nous explorons la métaphore d’un royaume en fin d’époque, un univers étoffé d’images de rêve et de cauchemar, de drôleries, de sons, de cris, de mots… représentations du conflit intérieur des personnages, de leurs sentiments profonds, leurs troubles, leurs angoisses.

 

Dans notre création nous abordons l’ambiguïté existante au sein du pouvoir et des institutions : le roi représentant de Dieu sur terre est placé au-dessus de tous, il a le pouvoir sur tous.

 

Nous nous intéressons à la thématique de la folie, au mystère qu’elle incarne, aux êtres basiques et primaires qu’elle peut personnifier. Car comme dans le folklore, dans notre création la folie fait appel aux cultures anciennes, elle s’installe de manière compulsive : elle est à la fois l’amie et l’ennemie du pouvoir. Le fou est créateur et destructeur, dieu et humain, réalisateur des désirs et castrateur…

 

Nous tentons de toucher un langage universel qui puisse atteindre le spectateur, s’il le souhaite, au plus intime de lui-même.

 

 

Andrés Cifuentes

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